Alimentation

Tout sur le bio !

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« Moi, le bio, j’y crois pas ! »

Qui n’a pas déjà entendu cette drôle de sentence ?

Sans vous refaire le discours sur les conséquences de l’agriculture intensive/conventionnelle sur notre belle planète, sur notre santé et celle des générations futures, essayons d’y voir plus clair dans ce qu’on nomme « alimentation biologique » !

Nous le savons déjà, privilégier l’agriculture biologique permet :

  • d’ingérer moins de pesticides car il n’y a pas (ou peu) de contact direct entre ces substances et les aliments, donc de protéger notre santé
  • de préserver la fertilité de nos sols
  • de réduire notre impact sur l’environnement (faune-flore, biodiversité)
  • de protéger nos agriculteurs et leur santé
  • d’obtenir des aliments de meilleure qualité nutritionnelle(vitamines, minéraux, bonnes graisses, oligo-éléments…)

Alors oui, tous les bio ne se valent pas ! Entre le « bio-des-grandes-surfaces », le « bio-des-magasins-bio », le « bio-des-petits-producteurs-locaux » et le biodynamique, il y a des fossés plus ou moins larges !

Le bio-des-grandes-surfaces :

  • C’est le moins cher du bio, mais l’obtention de prix imbattables n’est pas sans conséquences pour la santé financière des producteurs français. En leur imposant des prix bas, les grandes surfaces les obligent souvent à produire à perte…
  • La majorité de ces produits bio sont cultivés dans d’autres pays européens, où la main d’œuvre est bon marché et les contrôles moins exigeants… Ce système encourage le travail clandestin avec les mauvaises conditions de travail et de vie associées.
  • Dans les grandes surfaces (et les magasins bio !), le principe de saisonnalité n’est pas respecté. On trouve des tomates, des courgettes, des aubergines bio toute l’année… Ces aliments sont produits sur des hectares et des hectares de serres chauffées en hiver, avec apports de nutriments pour les faire pousser plus vite. Si cela peut se révéler pratique lors de la confection de certaines recettes, ces aliments – n’ayant pas bénéficié des bienfaits du soleil – sont de moins bonne qualité nutritionnelle que les légumes cultivés à la bonne saison. Sans compter les milliers de kilomètres de transport qu’ils doivent parcourir jusqu’à nous et les emballages…
  • Les légumes et les fruits sont calibrés et les variétés parfaitement sélectionnées. La diversité offerte par la nature n’a pas sa place ici.
  • On trouve des produits bio transformés/raffinés, donc aussi peu bénéfiques à la santé que des produits transformés non bio.

Le bio-des-magasins-bio :

  • Souvent plus cher que le « bio-des-grandes-surfaces », car les producteurs sont mieux rémunérés (+ la marge non négligeable du magasin)
  • Les producteurs subissent toutefois une grande pression en termes de productivité
  • Les fruits et légumes ne sont en général pas emballés et le magasin propose du vrac
  • De nombreux produits sont importés d’Europe ou d’ailleurs, ne favorisant ni l’humain, ni la saisonnalité, ni l’éthique, ni l’environnement.
  • Les fruits et légumes peuvent être calibrés et les variétés sélectionnées.
  • On trouve aussi des produits transformés non bénéfiques à la santé.

Le bio-des-petits-producteurs-locaux :

  • Produits souvent moins cher qu’en magasins spécialisés.
  • Plus rémunérateur pour les producteurs. Ce sont eux qui fixent les prix et ils n’ont souvent qu’un seul voire aucun intermédiaire.
  • On ne trouve que des produits de saison, locaux, souvent en vrac et sans emballage (ou papier kraft).
  • Les fruits et légumes ne sont pas calibrés, libres d’adopter la forme et la taille qu’ils souhaitent.
  • Les produits sont vendus bruts ou peu transformés (confitures, compotes, jus, conserves, liqueurs, vin, condiments…).
  • L’avantage de fréquenter les petits producteurs, c’est de pouvoir mettre un visage, une voix, sur le produit, et donc de renouer avec notre alimentation.

Le biodynamique :

  • Le top du top, réunissant tous les avantages du paragraphe ci-dessus mais souvent assez cher en raison du procédé de production (respect du rythme de pousse des aliments, prise en compte des mouvements planétaires, utilisation de préparations naturelles pour nourrir les sols, etc.).
  • Respect total de l’environnement, de la terre, du vivant, de l’aliment.

Vous l’avez compris, la certification « bio » n’est pas parfaite.

Selon les labels, l’utilisation de certains pesticides « naturels » sont autorisés avec des exigences en matière de nombre d’application, de dosage, de limites maximales de résidus… Or, naturel ne veut pas dire inoffensif pour la santé.

De même, la juste rémunération des agriculteurs, le respect du bien-être animal, la notion de saisonnalité et l’impact écologique ne sont pas toujours considérés dans le cahier des charges de certains labels.

Heureusement, conscients de la limite des labels bio principaux (AB, Eurofeuille), de nouveaux labels plus exigeants ont vu le jour (la plupart se trouvent en magasins spécialisés) ! Les privilégiez, c’est faire le choix d’encourager des valeurs plus humaines, éthiques et écologiques.

Voici un aperçu des labels bio sur le marché (en vert, les plus rigoureux) :

  • AB (Agriculture Biologique)
  • Européen « Eurofeuille »
  • Ecocert
  • Bio Cohérence
  • Demeter
  • Nature & Progrès
  • Bio Equitable / Bio Solidaire

Pour plus de détails concernant ces labels, je vous renvoie sur le site 60 Millions de Consommateurs.

Autre point important, manger bio ne veut pas dire manger sain !

Bien qu’ils contiennent moins d’additifs nocifs, les produits transformés bio ne sont pas meilleurs que leurs homologues non bio. Plats préparés bio, gâteaux bio, steaks de soja, jambon bio avec des  nitrites, etc. Ces produits trop transformés ne sont pas moins riches en mauvaises graisses, en sucre, en sel… Lisez-bien les étiquettes et privilégiez le frais et le brut !

« Manger frais je sais que c’est meilleur pour la santé, mais le bio ça moisit vite ! Impossible pour moi de faire les courses tous les deux jours ! »

C’est vrai, les produits frais bio se conservent moins longtemps. Et même si c’est très bon signe, cela implique de faire plus souvent les courses. Dans les villes où les commerces sont à proximité, c’est faisable, mais en province ça peut vite devenir compliqué…

Si vous n’avez pas la possibilité de faire des petites courses régulièrement (à votre pause déjeuner, le soir en rentrant du boulot…), l’astuce est de surgeler vos aliments frais. Même s’ils perdent un peu de leurs nutriments, c’est une bonne méthode pour consommer du frais jusqu’aux prochaines courses. Mettez de côté les légumes, les fruits, la viande, le poisson que vous comptez surgeler et préparez les pour gagner du temps pour vos futurs repas (découpez les courgettes, faire une salade de fruits, équeutez les haricots verts, etc.).

« Tout ça c’est bien, mais qu’est-ce que c’est long ! Je n’ai pas le temps, moi ! »

Pas de panique, petit papillon ! Cet article est informatif et n’a pas pour but de vous mettre la pression. Chacun fait avec ses propres moyens ! Aussi, voici quelques solutions pour les personnes ayant peu de temps à accorder à la préparation de leur repas. Cela ne requiert qu’un peu d’anticipation :

  • Même si ça prend un peu de temps sur l’instant, lavez et découpez vos produits frais immédiatement après achat. Conservez-les au réfrigérateur ou congelez-les. Vous gagnerez du temps pour vos futurs repas !
  • Achetez des légumes surgelés bio (sans sauce et non cuisinés)
  • Le weekend, ou quand vous avez du temps, cuisinez de grosses quantités de nourriture avec vos produits frais que vous pourrez ou mettre au frigo ou congeler et décongeler tout au long de la semaine (poêlées de légumes, falafels maison, steaks aux lentilles maison, sauces maison à couler dans des petits moules individuels, ratatouille, quiches, gratins, salades…).

Et puisque la question du coût du bio n’est pas sans importance, voici des astuces pour payer moins cher son bio :

  • Acheter des fruits et légumes de saison
  • Certains sites permettent, sous couvert d’un abonnement annuel raisonnable, d’acheter des produits bio à des prix imbattables !
  • Se rendre au marché. Et si vous y passez toutes les semaines, passez des accords/marchander avec les producteurs !
  • Privilégiez le vrac
  • Achetez auprès des producteurs locaux ou dans les enseignes qui ont un nombre d’intermédiaires limité : rendez-vous directement chez les producteurs autours de chez vous ou passez par les AMAP, La Ruche qui dit Oui, les magasins de producteurs (ou sur le site Bio Cohérence), etc.
  • Vous avez un jardin ? Quelle chance ! C’est le moment de dédier un lopin de terre à la culture de vos fruits et légumes favoris ! Plus bio, frais et local, ça n’existe pas !

Résumé :

  • Un aliment bio, c’est toujours mieux qu’un aliment non bio
  • Choisissez si possible les labels les plus exigeants
  • Privilégiez le local, le made in France
  • Préférez les produits de saison
  • Choisissez des fruits et légumes mûrs (qui ont eu le temps de récolter tous les nutriments de la terre ou de l’arbre)
  • Consommez une majorité de produits frais, non transformés
  • Décryptez les étiquettes des produits transformés (même bio) !
  • Privilégiez la vente en vrac
  • Si possible, rencontrez et tissez des relations avec vos producteurs !

Pour une meilleure santé, renouons avec notre alimentation !

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